Portrait de Sébastien Dathane

Réseau des diplomés

« Ce n’est pas parce qu’on a un bac +5, que tout est gagné d’avance »

Photo Sebastien Dathane

Photo Sebastien Dathane

Sébastien Dathane, un ancien diplômé de l’Université de Poitiers, débute son parcours en 1989, lors de l’ouverture de la Faculté de Droit d’Angoulême, un des sites de formation de l’Université de Poitiers. « Je faisais partie de la 1ère promotion » raconte Sébastien.

Au début, sans que ce soit une vocation, Sébastien avait une attirance pour le Droit. Il se souvient encore du discours de rentrée du Doyen, dans lequel il expliquait la forte implication de l’Université de Poitiers dans le programme Erasmus avec la ville de Montréal. « Tout de suite, je me suis dit : il va me falloir sérieusement travailler pour faire ce programme ! Mais avant, je devais perfectionner mon anglais. C’est pourquoi, je suis parti aux USA dans le cadre de ma Licence », explique Sébastien. Il faudra qu’il attende d’être en maîtrise pour s’envoler 6 mois au Canada. « Quand on est 6 mois sans repères français, on se calle sur la vie canadienne » témoigne Sébastien.
Ce voyage lui a permis d’observer comment était perçu le Droit par les canadiens. « C’est très différent de la France, ça ressemble plus au modèle anglo-saxon » dit-il. Grâce à cette expérience, Sébastien a pu se confronter à la culture canadienne, mais aussi la vivre. « J’étais pleinement intégré, j’avais la même vie qu’un étudiant canadien. Pendant ce séjour, je me suis également rendu compte que les produits français tels que les alcools, et en particulier le Cognac, étaient très prisés outre-Atlantique. Comme j’avais entendu parler de la formation en Droit, Gestion et Marketing des spiritueux qui s’était ouverte à l’Université de Poitiers, sur le site de Segonzac. Je me suis dit: pourquoi pas ? »,  explique Sébastien. Une fois le Bac + 5 décroché, et après un an de galère et de petits boulots, Sébastien prend conscience de l’importance d’avoir un travail, et en reconnaît la valeur. Il  reconnait également avec modestie que « ce n’est pas parce qu’on a un bac +5, que tout est gagné d’avance ». C’est par la suite qu’il trouve : son « vrai 1er emploi », en tant que Directeur d’un syndicat viticole. «Ce 1er emploi n’était pas facile, je n’avais pas d’expérience dans le domaine ».  Cinq ans plus tard, à la suite d’une demande d’un collectif d’anciens de Segonzac, Sébastien se lance dans la création du 1er observatoire international englobant l’univers des spiritueux. Après la création de celui-ci, Sébastien passe 10 ans à l’animer. Cependant au bout de ces 10 ans, le projet requiert de plus en plus de gestion. « La gestion sans développement, ce n’était pas mon truc. Malgré le fait que ce soit une expérience humaine fantastique, j’ai ressenti le besoin de changer de voie», déclare Sébastien.
Après avoir fait le tour de sa première carrière professionnelle, Sébastien décide de se reconvertir. Depuis toujours passionné par la prise de décision, la psychologie et les neurosciences, il oriente sa deuxième carrière professionnelle vers ces domaines, tout en mettant à profit ses précédentes compétences et expériences. Sébastien s’installe donc à son compte en tant que Formateur / Intervenant dans le marketing des spiritueux et la vulgarisation sur les sciences cognitives et sociales. « Je me suis toujours défini comme un juriste non pratiquant, plaisante Sébastien. Ce que je veux dire par là, c’est que je ne suis pas juriste sur le fond mais plutôt dans la structure de l’esprit, dans la manière de penser, en cherchant toujours à approfondir, en allant au-delà de ce que je sais ».
C'est ainsi que Sébastien fait le choix de l’épanouissement personnel. « Je n’ai pas de plan de carrière, je suis indépendant. De toute façon, aujourd’hui c’est difficile d’avoir le même emploi, du début à la fin. Je gagne bien moins qu’en étant salarié, mais mon bien être personnel et professionnel m‘importe plus. Il y a eu beaucoup de réflexions, ça ne s’est pas décidé rapidement, mais j’ai fait un choix que j’assume ».
« Parfois, on peut penser que mon parcours non linéaire peut être un frein à la recherche d’emploi, mais cela peut aussi s’avérer être un atout. Ma différence suscite l’intérêt, témoigne de ma capacité à changer, à m’adapter ».
Sébastien termine par un conseil aux étudiants actuels : « Si je devais faire profiter de mes expériences aux futurs étudiants, je commencerai par leurs conseiller de ne pas se contenter du ’’bachotage’’, c’est du court terme et c'est vite obsolète. Il faut profiter de ce que l’université peut offrir de plus important, telle qu’une structuration intellectuelle. C’est de cela dont on se sert tous les jours. Il faut être curieux, critique sur la manière d’apprendre. Le plus important, c’est soi-même, pas ce qu’on apprend en terme de contenus, mais comment trouver l’information. J'ajouterai que s’ils ne savent pas encore ce qu’ils veulent faire, ce n’est pas grave, on peut se reconvertir, on met plus de temps mais on y arrive quand même. C’est la motivation qui importe ».

Camille Champagne.

Publié par Adeline Nourisson

Dernière mise à jour le 18 juin 2014


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