Portrait de Sophie Lemoine

Réseau des diplomés

"Se faire connaitre et oser démarcher les collectivités"

Credit Photo Sophie Lemoine

Credit Photo Sophie Lemoine

Après une scolarité sans difficultés, un entretien avec un professeur principal au lycée a permis à Sophie de faire le bon choix de filière. « Elle a su cerner ma personnalité et m’a conseillé de m’orienter vers les sciences économiques et politiques. Aujourd’hui, je la remercie, car le parcours que j’ai suivi me correspond vraiment ».


Sophie évolue dans une famille d’élus locaux dont le père, chef d’entreprise, est chargé de l’aménagement du territoire. Elle a donc vite été amenée à s’intéresser au mode de fonctionnement des collectivités.
Une fois le bac en poche, Sophie continue dans cette voie et se lance dans la filière « sciences économiques et politiques » de l’Université de Brest. Elle commence par y apprendre la gestion d’entreprise puis évolue vers une filière préparant davantage aux métiers de l’administration (droit public, aménagement du territoire, sciences économiques et politiques, communication). «  Très vite, ça m’a paru évident », nous confie Sophie, « Je savais que je voulais exercer dans ce domaine. Mais, comment ? A l’époque, je ne connaissais pas encore les métiers des collectivités. » Au moment de la maîtrise, Sophie décide de se tester, d’essayer autre chose et réalise son stage dans le secteur bancaire. Ça se passe plutôt bien. On lui propose même un poste. Mais, Sophie refuse. «  C’est à ce moment-là que j’ai vraiment pris ma décision. Je voulais faire un DESS en aménagement du territoire et développement local. Mais plusieurs formations sont dispensées dans ce domaine, difficile alors de trouver le DESS qui convient à son projet professionnel. » Finalement, elle trouve exactement ce qu’elle cherche : le DESS « Aménagement du Territoire et Développement Local », assorti d’un DU en « économie du Tourisme et des Loisirs » proposé par l’Université de Poitiers. « Il s’agissait à l’époque d’un des seuls DESS en France à former à une nouvelle échelle territoriale de projets, qui offrait de nouvelles perspectives d’évolution, à savoir le « pays » issu de la loi du 25 juin 1999 sur l’orientation pour l’aménagement et le développement durable du territoire, dite loi Voynet ou LOADDT ».
Elle intègre donc cette formation dont le contenu lui convient. Elle évoque cependant un manque sur deux points d’apprentissage: « la technique de rédaction de notes de synthèse et l’utilisation d’outils pour réaliser de la cartographie en mode conception de projets d’aménagement. Ça m’a manqué par la suite, en début de carrière  ».
A l’issue de son DESS en 1999, Sophie reste 2 ou 3 mois sans poste. Elle n’hésite donc pas à prendre les choses en mains. Deux réflexes : d’une part, elle adresse des candidatures spontanées à des collectivités territoriales localisées dans son cercle géographique de recherches, et d’autre part, elle s’inscrit à Pôle Emploi. « Il faut se faire connaître et oser démarcher les collectivités ».
Par chance, l’époux de sa conseillère Pôle Emploi dirige un bureau d’études privé (spécialisé en études d’urbanisme pour les collectivités) et lui propose un poste en CDI en tant que chargée d’études. Elle l’occupe pendant un an, ce qui lui permet à la fois de se constituer un réseau professionnel auprès des collectivités locales et de se former en système d’information géographique (utilisation de logiciels de cartographie, de modélisation et de gestion de bases de données).
Sophie garde cependant en tête son souhait d’être chargée de mission en développement local et aménagement du territoire.
C’est alors que courant 2001 une communauté de communes de Picardie, auprès de laquelle elle avait adressé sa candidature spontanée un an plus tôt, la contacte. Deux entretiens plus tard, Sophie est chargée de l’aménagement du territoire, du développement économique et de la politique de l’habitat au sein de cette structure. «  J’étais à bonne école ! On apprend sur le tas. Dans une communauté de communes rurale il y a peu de services et on doit tout faire seul : rédiger et passer des marchés publics, conduire des projets et mener des procédures d’aménagement ou d’urbanisme, élaborer des documents-cadres d’aménagement, animer des réunions, commercialiser des terrains dédiés à l’implantation d’entreprises, se constituer des réseaux professionnels. On est ainsi amené à aller chercher, à se renseigner, à échanger avec ses homologues. » Sophie occupera ce poste pendant 7 ans. Mais face à l’absence de perspectives d’évolution et de nouveaux projets à initier dans cette structure, Sophie commence à chercher ailleurs et pense même à changer d’échelle territoriale de projets. C’est dans ce contexte, qu’elle postule au Conseil Régional de Picardie. On la retient pour un poste de chargée de mission Territoire. Là encore, elle doit piloter seule la mission qu’on lui confie, se faire connaitre et œuvrer sur des domaines d’activités très variés comme l’aménagement, l’habitat, l’éducation, l’environnement au sein d’un parc naturel régional, les chartes de pays etc... Elle y est à la fois un référent technique et financier pour les communautés de communes qui composent le Pays.
Sa mission consiste à examiner des projets émanant des EPCI (établissements publics de coopération intercommunale), de vérifier qu’ils sont en adéquation avec la politique régionale et d’instruire leurs demandes de subventions. Mais n’étant plus à l’initiative des actions locales, Sophie n’a donc plus le sentiment d’œuvrer concrètement en direction du développement d’un territoire. « L’instruction de dossiers ne me suffisait pas, l’esprit du développeur reprend le dessus ! »
 Elle en retient une chose : « Il faut faire attention à l’échelle territoriale de projets, aux titres de postes ronflants et aux salaires alléchants. Mieux vaut s’attarder sur le contenu des fiches de poste car c’est ce qu’on va vivre au quotidien dès la signature du contrat ».
Lassée de sa mission, fin 2008 Sophie prend son téléphone et contacte la communauté d’agglomération du Beauvaisis. Là, elle prend connaissance de l’ouverture de deux postes, l’un au développement économique, l’autre à l’aménagement du territoire - habitat. On lui conseille alors de bien en étudier les descriptifs et de postuler pour l’un d’entre eux en démontrant sa motivation pour la compétence choisie. «  Après 8 ans de carrière en collectivités, c’était la première fois que j’avais une véritable lettre de motivations à écrire pour un poste que je voulais absolument obtenir. Je n’y croyais pas trop. Ce, d’autant plus que j’étais enceinte de 7 mois et ne pouvais pas commencer immédiatement après mon préavis. Et pourtant ça a marché. En août 2009, j’ai intégré le pôle aménagement et développement comme responsable du service Habitat de l’agglomération du Beauvaisis. » Dans la foulée, elle passe et réussit le concours d’ingénieur territorial. Près de cinq ans plus tard, Sophie est toujours à ce poste et semble tout aussi enthousiaste à l’idée de continuer à  travailler au sein d’une équipe projet avec des personnes aux profils très différents, ayant des compétences variées, et qui ont la « volonté de faire ». La collectivité qui l’emploie lui a par ailleurs offert la possibilité de suivre des formations complémentaires en management, et d’ici un ou deux ans, Sophie pourra continuer son évolution.
Son conseil : «  En sortant du Master on n’est pas toujours assez mature et préparé à passer des concours de la fonction publique. Ce n’est pas forcément un handicap car il est plus facile de rédiger de bonnes notes de synthèse lorsqu’on a déjà un peu d’expérience en collectivité. On appréhende mieux la matière et les aspects politiques des projets ».
«  Il ne faut pas hésiter à se faire connaître auprès des collectivités par une candidature spontanée ou un coup de fil. A la sortie d’un master, tous les étudiants et futurs candidats sur le marché du travail se ressemblent plus ou moins. Pendant son cursus, il faut approfondir une compétence et cultiver ses atouts personnels ou un trait de caractère qui pourra faire la différence face à l’employeur. »


Adeline Nourisson

Publié par Adeline Nourisson

Dernière mise à jour le 18 juin 2014


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