Portrait de William Grimonprez

Réseau des diplomés

«La fac, oui mais il ne faut pas s’appuyer que sur la formation qui y est dispensée si l’on veut trouver la voie qui nous convient »

Crédit Photo W.Grimonprez

Crédit Photo W.Grimonprez

Son Bac ES en poche, William Grimonprez décide d’intégrer la fac SHA de l’Université de la Rochelle pour faire un DEUG d’histoire-géographie.  A l’issue de ces deux années, William n’avait ni l’envie de faire de la recherche ni celle de devenir enseignant. Ce, d’autant que pour être enseignant il fallait obtenir le CAPES. Or, comme il a su nous le confier : « A l’époque, avoir le CAPES était presque impossible. ». Ayant eu connaissance de la licence en aménagement du territoire, William décide de quitter la Rochelle pour venir suivre cette année à Poitiers. Il apprécie plus particulièrement cette année car les matières abordées correspondent plus à ce qui l’intéresse. Il continue donc dans cette voix et intègre la maîtrise. Ceci étant, William explique qu’il regrette «  le manque d’informations sur les opportunités professionnelles qui peuvent s’ouvrir aux étudiants suivant ce cursus. » Du coup, il poursuit sans avoir d’idée précise de ce qu’il allait faire par la suite. L’année de maîtrise est celle où après les trois mois de cours théorique, il doit faire le choix d’un mémoire et  travailler sur le terrain. Il choisit alors son thème de mémoire : « les contrats territoriaux d’exploitation ». Ces contrats ont été  créés par le gouvernement Jospin dans sa loi du 9 juillet 1999. L’objectif était que le CTE soit l'outil principal qui permettrait de conduire une politique de modification des modes d'exploitation agricole vers une agriculture durable, fondée sur le volontariat des exploitants. Pour réaliser son mémoire, William, travaille dans le Montmorillonnais, territoire très occupé par l’élevage et  concerné par le CTE. De plus, la confédération paysanne est très active sur ce projet. William y fera des rencontres importantes (éleveurs, syndicats, responsables politiques) qui lui permettront d’avancer et d’alimenter concrètement son mémoire. William parle de cette période avec  passion : «  sur le terrain, cette année consacrée à l’aménagement du territoire prenait alors tout sa dimension. On pouvait se rendre enfin compte de ce que l’on allait pouvoir faire de ces études. Il y avait en fait plein d’ouvertures. » En parallèle de ces années d’études, William a fait une rencontre qui est devenue une passion et qui n’est pas sans lien avec le milieu rural qui lui plait tant : le vin. Dès son arrivée en licence, William a intégré le groupe de dégustation organisé par son frère. Chaque semaine, ils étaient donc plusieurs  à se retrouver pour développer leurs connaissances du vin. C’est dans ce cadre-là, le groupe rencontrera un directeur de laboratoire très impliqué dans le monde viticole. A l’issue de sa soutenance de mémoire, qui ne se passe pas comme il l’aurait souhaité, il ne se demande pas longtemps ce qu’il va faire après. Bien qu’un DESS en aménagement du territoire s’ouvre, William préfère se diriger vers le DESU proposé à Segonzac. Il y rencontre une promotion de 25 personnes (dont 20 filles) ayant des profils très différents. Ils ont de très bons contacts mais à sa grande surprise, il est le seul à faire cette formation en vue d’ouvrir une cave. Au cours de cette année, il assiste à des cours de marketing, de vente,  de compta-gestion etc.. mais pas de cours sur le produit du vin en lui-même. Pour palier ce manque, William et un autre camarade prennent les choses en mains et mettent en place un atelier de dégustation. Pour lui, le passage par la connaissance du produit est essentiel. Or, « cette formation a été très théorique, j’aurai bien aimé plus de pratique. ». William n’ira pas à l’examen et ne validera donc pas son année. Ceci étant, cela ne l' empêche pas de devenir caviste. Le chemin pour y parvenir n’a pas été facile. A l’issue de cette année et de son stage à Bordeaux, il fait des petits boulots pendant deux ans puis décide de passer bénévolement 6 mois dans le domaine Ampeliade afin d’apprendre la vinification. Après cela, il montera un dossier de création d’entreprise. A cette fin, Créafor lui a été d’une grande aide. En avril 2006, il dépose son dossier, un mois après il a la réponse et ouvre sa cave au 1er juin rue Edouard Grimaud. Au bout de 5 ans, William souhaite que son travail prenne une nouvelle dimension. C’est pourquoi, il  déménage et ouvre une cave avec un espace dégustation rue de la cathédrale.
Son conseil : « la fac, offre une part de liberté qui nous permet d’avoir du temps pour réfléchir à ce que l’on veut faire, mais selon moi les cours qui y sont dispensés sont trop théorique, on manque de concret et de conseils pour notre intégration à la vie active. Il ne faut donc pas oublier d’ouvrir les yeux sur ce qui nous entoure. »



Adeline Nourisson

Publié par Adeline Nourisson

Dernière mise à jour le 10 mars 2015


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