Portrait de Bernard Chauveau

Réseau des diplomés

" L’envie de toujours découvrir pour moteur "

Bernard Chauveau

Bernard Chauveau

Il se voyait enseignant-chercheur en chimie, c’est dans la formation continue qu’il a fait la plus grande part de sa carrière. Précurseur dans ce domaine, toujours en recherche d’innovation, Bernard Chauveau a marqué de son emprunte plusieurs structures de l’Université de Poitiers. Il est à son service depuis 37 ans.

A l’heure actuelle, il occupe le poste de Délégué général de la Fondation Poitiers Université.

Entretien avec cet insatiable curieux qui ne craint qu’une chose : la routine.

 

Vous avez fait toute votre carrière à l’Université de Poitiers. Est-ce que vous pouvez nous retracer brièvement, autant que cela puisse être possible, votre parcours ?

Mon parcours n’est pas celui que j’avais imaginé lorsque j’ai débuté, en 1969, mes études en DUT de chimie à l’IUT de Poitiers. En effet, après l’obtention d’un doctorat de chimie-physique, je me destinais à être enseignant-chercheur. Les emplois étant rares dans ce domaine, et devant rester sur Poitiers pour des raisons familiales, j’ai élargi mes recherches d’emploi. J’ai donc postulé sur un poste de chargé de mission formation continue à l’Université de Poitiers. A ma grande surprise, j’ai été retenu parmi 25 candidats. Je pense qu’ils ont été sensibles aux compétences transversales développées lors de ma formation.

Je suis donc rentré à l’Université en 1976 et je n’ai jamais quitté cette grande maison. Jusqu’en 89, je me suis occupé de formation continue, de promotion sociale, d’organisation de stage… en lien avec divers partenaires comme les collectivités ou encore les entreprises. Devenu directeur adjoint en 1988 de cette structure qui s’appelait à l’époque le CUFEP, je l’ai quitté un an plus tard pour des raisons de désaccords avec le directeur par rapport à la nouvelle organisation qu’il voulait mettre en place.

L’IUT fera aussitôt appel à moi pour développer son propre service de formation continue. Le challenge n’était pas des plus simples : faire le même travail à deux personnes alors que nous étions 35 dans le service de l’Université. Tout était à construire, ça a été un moment formidable d’expérimentation et de projets : collecte de la taxe d’apprentissage, information des lycéens, et surtout développement de la première formation par la voie de l’apprentissage. 

En 1995, j’ai de nouveau été sollicité par l’Université pour créer, à l’instar de ce que j’avais mis en place à l’IUT, un pôle multicompétences qui est aujourd’hui le SAFIRE. Cette nouvelle mission a là encore été d’une richesse incroyable par les missions qui j’ai été amené à développer : l’aide à l’insertion professionnelle, l’entrepreneuriat, les financements FSE… J’y suis resté jusqu’en 2007. Le Président Gesson voulait me reconduire à ce poste quatre années supplémentaires, mais j’estimais avoir fait mon temps. A sa demande, je suis alors devenu son conseiller. Il m’a confié diverses études, sur l’insertion professionnelle, la mise en place du CFA ou encore sur la création d’une fondation. Concernant cette dernière étude, lorsque je lui ai remis le fruit de mon travail, 20 structures étaient prêtes à nous rejoindre avec des dons avoisinants 1,3 M€. Au moment de trouver la personne pour prendre la tête de cette Fondation, je n’ai pas eu à discuter, il voulait que ce soit moi. Lancée le 16 juin 2009 aujourd’hui la Fondation a collecté 2 M€ et travaille autour de deux axes : le partenariat avec le monde socioéconomique et le soutien à des actions en cohérence avec la politique de l’établissement.             

 

Dans les services où vous avez évolué, vous avez toujours cherché à innover ? Qu’est-ce qui vous a poussé à aller dans ce sens ?

L’envie de ne pas tomber dans la routine, de découvrir de nouvelles expériences et de faire évoluer les choses ont toujours été des moteurs à mon investissement. Ce que vous appelez de l’innovation, moi j’y vois plus une forme de pragmatisme combinée à une capacité à gérer des projets et à manager des équipes. Les compétences transversales que j’ai acquises durant mes diverses expériences ont été des atouts essentiels. 

 

La Fondation a impulsé l’idée de créer un Réseau des diplômés ? Qu’est-ce qui a motivé cette initiative ?

Lorsque j’étais en poste à l’IUT, je me suis souvent appuyé sur le réseau des anciens diplômés pour avoir accès à des informations sur une entreprises, placer des étudiants en stage ou en apprentissage...

L’idée de développer une telle structure à l’échelle de l’Université s’inscrit dans cette même logique : favoriser l’insertion des étudiants, valoriser les diplômes, développer le sentiment d’appartenance… Si, c’est relativement simple à mettre en place au sein d’une grande école ou d’un IUT, la tâche est beaucoup plus complexe à l’échelle d’une université. Mais, je pense que nous ne pouvions pas faire l’impasse d’une telle initiative, aujourd’hui, la force des réseaux n’est plus à démontrer.

 

A quelques semaines de partir à la retraite quel regard portez-vous sur votre parcours ?

Ces 37 années passées au sein de l’Université de Poitiers ont été très enrichissantes. Les rencontres, les opportunités que j’ai pu saisir mais que j’ai aussi su provoquer en impulsant des projets qui n’étaient pas gagnés d’avance, ont fait que j’ai touché à des secteurs très différents.

L’envie de toujours découvrir et la confiance qui m’a été accordée, m’ont poussé à expérimenter et pérenniser des dispositifs, notamment en matière de formation continue, d’apprentissage, de Validation des acquis de l’expérience, d’aide à l’insertion professionnelle des étudiants, d’entrepreneuriat…, dont je suis particulièrement fier.


Philippe Quintard

Publié par Adeline Nourisson

Dernière mise à jour le 18 juin 2014


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